Comprendre la maladie de Huntington

La maladie de Huntington (MH), que l’on appelle aussi chorée de Huntington,
est une maladie rare, génétique neuro-évolutive héréditaire du système nerveux central qui atteint de façon prédominante les noyaux gris centraux du cerveau.

Elle se manifeste chez l’adulte à un âge variable, habituellement entre 30 et 50 ans, avec des extrêmes de 1 à 80 ans. Moins de 10% des formes, dites juvéniles, débutent avant l’âge de 20 ans. Il n’existe à ce jour aucun traitement curatif de la maladie, mais des traitements symptomatiques efficaces.

En France

  • 1 personne sur 10 000 est touchée
    par la maladie de Huntington, soit 6 000 personnes malades.

  • On estime à 30 000 celles qui sont « à risque » c’est-à-dire qui sont susceptibles d’avoir le gène muté car un de leurs parents a eu la maladie.

  • 12 000 porteurs du gène défectueux provisoirement indemnes de signes cliniques.

  • Les hommes et les femmes courent le même risque d’hériter du gène muté et de développer un jour la maladie.

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Symptômes

La MH est caractérisée par des troubles moteurs, cognitifs et psychiatriques. La nature et la gravité des symptômes, ainsi que l’âge d’apparition et la vitesse de progression, sont très variables d’une personne à l’autre, ainsi qu’à l’intérieur d’une famille.

Par exemple, un malade montrera des troubles des mouvements très importants, mais des symptômes psychiatriques et une détérioration intellectuelle légers, alors qu’un autre souffrira de dépression et d’anxiété pendant des années avant de manifester des mouvements anormaux.

Il existe également d’autres symptômes qui apparaissent souvent au cours de la maladie, comme la perte de poids ou les troubles du sommeil.

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Génétique et hérédité

La MH est une maladie génétique et héréditaire causée par des mutations sur un gène. Le gène muté est dit
« gène MH ». Il est présent dans toutes les cellules du corps dès la conception. Cela implique que la maladie peut être transmise d’une génération à la suivante.

La MH est une maladie génétique dominante. Ceci signifie qu’un seul exemplaire anormal du gène, venant de l’un ou de l’autre parent, suffit pour (hériter) transmettre (de) la maladie. Autrement dit, c’est le gène MH qui domine (l’exemplaire normal du parent sain.) Une personne non-affectée transmet toujours des copies normales du gène à la génération suivante.

Au contraire, une personne affectée peut transmettre soit un gène normal, soit un gène anormal (gène MH) avec une égale probabilité. Donc, lorsqu’un parent est porteur du gène MH, un enfant héritera d’un gène normal du parent non-affecté et aura un risque de 50 % d’hériter  du gène MH du parent affecté.

Par définition, un porteur n’est pas affecté par la maladie tant qu’il n’a pas développé de symptômes ou de signes particuliers.

Une personne qui n’a pas reçu le gène MH ne développera pas la maladie et ne la transmettra pas à la génération suivante. Le gène MH ne peut sauter une génération, mais les symptômes le peuvent. Ceci peut arriver si le porteur du gène MH décède avant que les symptômes n’apparaissent. Il est alors difficile d’établir l’histoire familiale.

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Diagnostic et test

Suis-je ou non porteur (ou porteuse) du gène de la maladie ? Dois-je ou non effectuer le test pré-symptomatique ? Toute personne à risque se pose un jour les questions. Faire ou non un test du gène MH à un stade pré-symptomatique est une décision personnelle qui appartient à chacun.

Pour certaines personnes, l’incertitude de porter ou non le gène MH peut être très angoissante. Mais, pour d’autres, le fait de savoir qu’elles développeront une maladie fatale est encore plus dur.

Le test prédictif

Un test prédictif est un test génétique qui sert à déterminer si une personne pourra développer une maladie génétique particulière. Il est par définition effectué à un stade pré-symptomatique, c’est-à-dire avant qu’aucun signe ou symptôme de maladie ne soit apparu.

Le test prédictif peut être réalisé si les deux conditions suivantes sont confirmées :
• avoir un parent atteint de la maladie confirmée par analyse moléculaire ;
• être majeur et autonome, avec quelques situations particulières pour les personnes mineures.

Ainsi, le diagnostic pré-symptomatique de la maladie de Huntington est pratiqué dans plusieurs centres de dépistage qui assurent une prise en charge par une équipe pluridisciplinaire avant, pendant et après le test, selon les recommandations internationales. Leur structure comporte neurologue, généticien, psychologue, et selon les centres, neuropsychologue, assistante sociale, psychiatre.

Le déroulement du test, se fait en trois étapes sur une durée de quelques mois environ :
• phase préparatoire d’information avec le généticien et/ou le neurologue ;
• phase de réflexion avec le psychologue, éventuellement l’assistante sociale et si besoin un psychiatre ;
• la consultation avec le neurologue et le généticien, aboutissant éventuellement à la prise de sang et au diagnostic moléculaire.

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Traitement, suivi et soin

Bien qu’on ne puisse pas, à l’heure actuelle, guérir la maladie de Huntington, certains traitements contrôlent les symptômes de la maladie (traitements symptomatiques) et améliorent la qualité de vie.

Ce sont des traitements pharmacologiques (médicaments) ou non pharmacologiques (non médicamenteux), tels que la psychothérapie, la kinésithérapie, la thérapie respiratoire, l’orthophonie et les thérapies cognitives, qui peuvent aussi améliorer les symptômes physiques et psychologiques de la maladie. On a noté, par exemple, que ces thérapies pouvaient améliorer l’état mental, le contrôle des mouvements, l’élocution, l’équilibre, la déglutition et la démarche.

L’hôpital Henri Mondor de Créteil, centre de référence de la maladie de Huntington

Le Centre de Référence Maladie de Huntington (MH) a pour missions d’améliorer l’accueil, la prise en charge globale et l’information des personnes concernées par la MH, de contribuer à la recherche (neurosciences et essais cliniques), et de former les professionnels et les étudiants. Coordonné à l’hôpital Henri Mondor par le Pr Bachoud-Lévi, en lien avec
5 centres constitutifs et 14 centres de compétences en France et les associations de patients, c’est un centre d’expertise et de recours pour la MH, exerçant une attraction nationale et internationale du fait de la rareté de la pathologie, du faible nombre des équipes spécialistes dans le domaine, de la complexité des prises en charge et de l’importance de la recherche.

Le Centre de référence Maladie de Huntington Hôpital Henri Mondor à Créteil a pour missions : la prise en charge des patients à tous les stades, le conseil génétique, la recherche en sciences cognitives, les essais thérapeutiques innovants, la mise au point d’outils d’évaluation pour la recherche et les futurs essais et l’organisation de journées de formation.

Les centres de compétences

14 Centres de compétences ont été désignés par l’arrêté du 9 mai 2017 : Centre hospitalo-universitaire de Nantes, Hospices Civils de Lyon, Centre hospitalo-universitaire de Rouen, Centre hospitalo-universitaire de Poitiers, Centre hospitalo-universitaire de Bordeaux, Centre hospitalo-universitaire de Grenoble, Assistance Publique-Hôpitaux de Marseille, Centre hospitalo-universitaire de Montpellier, Centre hospitalo-universitaire de Nancy, Centre hospitalo-universitaire de Toulouse, Hôpitaux universitaires de Strasbourg, Centre hospitalo-universitaire de Clermont-Ferrand, Centre hospitalo-universitaire de la Martinique, Centre hospitalo-universitaire d’Amiens.

D’autres hôpitaux, répartis dans toute la France, suivent des malades Huntington via leur service de neurologie.

Le Protocole National de Diagnostic et de Soins Maladie de Huntington (PNDS) - version 2021

Dans le cadre de la prise en charge médicamenteuse de la maladie de Huntington, le Protocole National de Diagnostic et de Soins (PNDS), établi par le Centre de référence Maladie de Huntington de l’hôpital Henri Mondor à Créteil, a pour objectif d’expliciter aux professionnels de santé la prise en charge optimale et le parcours de soins d’un patient atteint de la maladie de Huntington. Il est accompagné d’une synthèse à destination du médecin traitant. Chacun, malade et aidant, peut remettre ces documents aux professionnels qui les accompagnent.

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Avoir des enfants

La décision d’avoir ou non des enfants, malgré le risque de la MH, est une décision personnelle que seuls vous et votre conjoint pouvez prendre.

Les techniques génétiques actuellement disponibles permettent deux procédures possible :
• le diagnostic prénatal ;
• le diagnostic pré-implantoire.

Pour vous accompagner dans votre réflexion et votre choix, nous vous recommandons de le faire en prenant conseil auprès d’un médecin généticien.

Le diagnostic prénatal

Il existe deux procédures classiques de diagnostic prénatal : l’amniocentèse aussi appelée test de liquide amniotique, est une procédure dans laquelle du liquide amniotique contenant des cellules de l’enfant à naître est extrait avec une aiguille, généralement après la 14e semaine de grossesse.

On peut aussi collecter un échantillon de villosités choriales (tissu du placenta), ce qui peut être pratiqué plus tôt (entre 9 et 12 semaines de grossesse), mais qui est plus risqué pour le foetus.

Le diagnostic pré-implantoire

Le diagnostic génétique pré-implantatoire (DPI) s’adresse à des couples présentant une forte probabilité de transmettre une maladie génétique d’une particulière gravité à ses enfants. C’est une alternative au diagnostic prénatal (DPN) qui permet de détecter une anomalie génétique avant l’implantation de l’embryon. Il consiste à réaliser une analyse génétique sur des embryons humains obtenus par fécondation in vitro (FIV). A l’issue de cette analyse, seuls les embryons sains ou porteurs sains sont transférés.

Centres pratiquant le DPI

GRENOBLE – CENTRE DE DIAGNOSTIC PRÉIMPLANTATOIRE
Équipe de coordination DPI – Hôpital Couple Enfant (2e étage)
Coordinateur : Dr Pierre RAY
CHU Grenoble-Alpes – Centre de DPI – CS 1021738043 – Grenoble CEDEX 9
Tél. 04 76 76 78 82 – Mail. dpi@chu-grenoble.fr

MONTPELLIER – CHU HÔPITAL ARNAUD DE VILLENEUVE
Service de génétique médicale – Pr Pierre SARDA
371, avenue Doyen Gaston Giraud – 34295 MONTPELLIER CEDEX 5
Tél. 04 67 33 65 64 – Mail. p-sarda@chu-montpellier.fr

NANTES – CENTRE DE DIAGNOSTIC PRÉIMPLANTATOIRE
Hôpital femme-enfant-adolescent – Coordinatrice : Dr Gaëlle MELAYE
38, boulevard Jean-Monnet – 44093 Nantes Cedex 1
Tél. 02 40 08 33 97 – Mail. sonia.blon@chu-nantes.fr

STRASBOURG – UNITÉ DE DIAGNOSTIC PRÉIMPLANTATOIRE
Dr Céline MOUTOU, PhD – MCU-PH, Responsable de l’UF de DPI, Présidente de la Société
Française de Diagnostic Préimplantatoire (SFDPI), Hôpitaux Universitaires de Strasbourg
1, place de l’Hôpital BP 426 – 67091 STRASBOURG Cedex
Tél. 03 69 55 34 21 – Mail. dpi@chru-strasbourg.fr

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La maladie juvénile

 

Lorsque la maladie débute tôt dans la vie, les premiers signes sont souvent peu spécifiques : changements de comportement, problèmes d’apprentissage, difficultés scolaires, troubles d’élocution. Il est important de souligner que la majorité de ces troubles peuvent aussi être liés à l’environnement familial et ne sont pas toujours les signes précoces de la maladie. Réaliser un test génétique de la maladie de Huntington chez un enfant n’apporte donc pas nécessairement la solution lorsque des symptômes neurologiques sont présents. Ainsi les médecins s’accordent pour examiner ces enfants comme s’il n’existait pas d’antécédent familial, afin de ne pas passer à côté d’un autre diagnostic. Ils effectuent un diagnostic génétique seulement si les autres causes qui pourraient expliquer l’état de l’enfant ont été écartées et que la reconnaissance du diagnostic devient utile à la prise en charge.